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Un article de Christophe Deroubaix paru dans l’Humanité du 22 octobre 2005

Tramway marseillais : Gaudin rame

samedi 22 octobre 2005 par Christophe Deroubaix
Au 17e jour de la grève, contre la privatisation, à la RTM, le maire de Marseille a enfin reçu les organisations syndicales sans convaincre.

Après huit mois d’interpellations et dix-sept jours de grève, Jean-Claude Gaudin a finalement reçu, hier matin, l’ensemble des organisations syndicales engagées dans le mouvement à la RTM (Régie des transports marseillais). Alors que sous les balcons du maire de Marseille se déroulaient un rassemblement puis un pique-nique, les deux parties ont échangé leurs arguments sans que, manifestement, la situation évolue. « Nous avons expliqué notre façon de voir les choses mais Jean-Claude Gaudin s’arc-boute sur sa DSP (délégation de service public). Nous n’accepterons pas que le ver entre dans le fruit. La RTM doit rester une et indivisible : métro, bus, tramway », a déclaré, à sa sortie de l’hôtel de ville, Alain Vercellone, secrétaire du syndicat CGT (majoritaire) de la RTM.

Les syndicats ont répété leur opposition à la DSP lancée par la communauté urbaine (MPM), également dirigée par Jean-Claude Gaudin, concernant l’exploitation du tramway, dont la première ligne devrait être mise en service début 2007. Pour répondre à l’appel d’offres, la RTM a ainsi été obligée de s’allier avec Connex, filiale spécialisée dans le transport de Veolia (ex-Vivendi), à des conditions drastiques. Dans son édition de mardi, le quotidien la Marseillaise a révélé que la régie municipale payait au prix fort cette alliance. La Connex demande en effet 6,8 millions d’euros de « contreparties financières » sur les huit années de contrat. Et ce, pour la mise à disposition de trois cadres et le partage des risques sur la partie recettes, alors que toutes les expériences de tramway en France montrent que ce mode de transport très attractif génère de fortes recettes. À Marseille, 9,1 millions d’euros de recettes sont ainsi prévus. En cas d’ouverture à la concurrence, cette « cagnotte » ne pourra pas être transférée au métro ou aux bus, puisque la gestion des deux entités serait séparée. Comme, de plus, le tracé du tramway se superpose, dans le centre-ville, à celui de l’actuel métro, le trafic de ce dernier serait amputé de 14 millions de voyageurs par an. « On déshabille le service public pour habiller l’opérateur privé », dénoncent les syndicats.

Jean-Claude Gaudin a encore justifié sa politique, hier, en invoquant les demandes de la BEI (Banque européenne d’investissement) auprès de laquelle MPM, autorité organisatrice en matière de transports, a sollicité un prêt. « Ce prêt concerne la construction pas l’exploitation », rappelle Louis Iorio (CGT). De plus, un responsable de la BEI a souligné, la semaine dernière, que l’ouverture à la concurrence était souhaitable mais pas obligatoire. De toute façon, l’argument de la concurrence vient de tomber puisque l’appel d’offres - dont la période de dépôt de candidature a pris fin lundi soir - n’a suscité qu’un seul projet : celui de la RTM-Connex. Juridiquement, Jean-Claude Gaudin peut aller au bout de sa logique. Politiquement, cela devient de plus en plus périlleux. « L’appel d’of- fres est manifestement infructueux. On attend de Gaudin qu’il dise : les événements ont montré que la DSP était inutile », estime un syndicaliste. En attendant, la grève continue.

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