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Thomas Lemahieu | L’Humanité du 12 janvier 2007

Trompe-l’oeil à l’UNEDIC

vendredi 12 janvier 2007 par Thomas Le mahieu
Chomage . Le MEDEF annule la petite augmentation de cotisations décidée l’année dernière, pour ne pas améliorer l’indemnisation des chômeurs.

Le patronat ne perd jamais de temps quand ça peut lui faire gagner de l’argent : alors que les résultats de l’exercice financier pour 2006 du régime d’assurance chômage ne sont pas encore connus, le MEDEF, la CGPME et l’UPA ont réussi à convaincre les organisations syndicales signataires (CFDT, CFTC et CGC) de la dernière convention - UNEDIC de baisser les cotisations de 0,08 point à compter du 1er janvier 2007. « C’est l’application de la convention, semble déplorer Michel Coquillion (CFTC), mais nous aurions préféré que les partenaires sociaux s’en saisissent jusqu’à une vraie amélioration des finances de l’UNEDIC, ne serait-ce que pour alimenter le fonds de réserve pour faire face aux variations de l’emploi. » La CGT et FO ont refusé de cautionner l’opération. « Cette contribution va être supprimée au 1er janvier 2007 alors que seulement quatre demandeurs d’emploi sur dix sont indemnisés », s’insurge Éric Aubin (CGT).

Or, si les dernières projections, rendues publiques le 27 octobre dernier, évoquaient un excédent programmé de 296 millions d’euros pour 2006, le déficit cumulé du régime d’assurance chômage culmine toujours autour des 13 milliards d’euros. Dans ce contexte, les partenaires sociaux gestionnaires avaient en réalité le choix selon les termes mêmes de la convention de l’UNEDIC : baisser immédiatement les cotisations ou abonder le fonds de réserve mis en place pour pallier les effets des retournements de tendance sur le marché de l’emploi. Et, on le voit, ils optent donc pour la première option. Ce qui, selon les calculs des services de l’UNEDIC, devrait faire perdre 320 millions d’euros aux recettes annuelles du régime, soit à peu près l’excédent programmé pour 2006.

Simple effet de vases communicants ? Non, plutôt un tour de passe-passe... Dans les faits, derrière une égalité en trompe-l’oeil (une baisse de 0,04 pour la part salariale et de 0,04 pour la part patronale), le patronat, qui avait, fin 2005, monnayé cette augmentation minime des cotisations, ramasse la mise sans amélioration des finances du régime UNEDIC. Par ailleurs, les centaines de milliers de chômeurs, dont les droits auront été rognés l’année dernière par l’adoption de la dernière convention, ne bénéficieront pas de l’embellie des comptes. Et lors de la négociation sur la future convention, le MEDEF pourra ressortir l’argument massue du déficit de l’assurance chômage pour réduire encore plus les garanties offertes aux demandeurs d’emploi.

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