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Michel Delberghe | Le Monde le 8 juin 2007

Un désert médical se profile du nord au centre de la France

vendredi 8 juin 2007 par Michel Delberghe

Avec 214 857 praticienS, soit 315,5 pour 100 000 habitants, la France compte plus de médecins que la moyenne des pays d’Europe. Depuis 1979, leur nombre, qui était de 112 066, a presque doublé. Au fur et à mesure des départs massifs à la retraite, les prévisions laissent pourtant craindre une crise dans l’organisation du système de soins et l’apparition de "déserts médicaux" dus à des répartitions déséquilibrées des praticiens sur le territoire.

Selon les premiers éléments de l’Atlas de la démographie médicale en France présentés, mercredi 6 juin, par le conseil national de l’ordre des médecins, les inégalités géographiques ont tendance à s’aggraver. Elles affectent un "couloir" qui, du Nord et de la Picardie, atteint la Basse-Normandie, le centre de la France et le Limousin et l’Auvergne. Dans ces régions, la densité y serait la plus faible et certaines spécialités sont menacées de disparition.

REFUS D’INSTALLATION

"C’est dans les zones qui comptent le plus de personnes âgées qu’il n’y a pas de gériatres", relève le docteur Irène Kahn-Bensaude, présidente de la section de santé publique et de démographie au conseil de l’ordre. Les déséquilibres géographiques sont accentués selon les spécialités. Ainsi, les régions du pourtour méditerranéen, l’Alsace et l’Ile-de-France concentrent-elles la majorité des anesthésistes-réanimateurs. La chirurgie générale - une spécialité quasi exclusivement masculine - est, elle, menacée par la fracture générationnelle : 42 % des 3 719 praticiens sont âgés de plus de 55 ans et 20 % ont moins de 40 ans.

Quant au nombre de généralistes - 96 889 inscrits -, il reste stable avec, désormais, une majorité de femmes chez les moins de 40 ans. Leur répartition est là aussi très inégalitaire, selon une ligne Nord-Sud très prononcée. En Ile-de-France, pourtant bien dotée, certaines zones rurales mais surtout les banlieues et cités sensibles sont menacées par les départs, les difficultés de remplacement et les refus d’installation.

"Il faudra prendre des décisions politiques pour faire bouger les lignes", assure Jacques Lucas, secrétaire général du conseil de l’ordre. Selon lui, les mesures incitatives d’augmentation des honoraires et les aides à l’installation adoptées en 2006 "ne fonctionnent pas".

La structure ordinale exclut toute mesure coercitive imposant des conditions à l’installation. Ses dirigeants préconisent de renforcer les aides à la création et au fonctionnement de maisons médicales pluridisciplinaires ou le regroupement des services médicaux, ainsi que le renforcement de la coopération entre la médecine de ville et établissements de soins.

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