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Christelle Chabaud | L’Humanité du 08.02.2008

Un hypermarché joue les irréductibles

samedi 9 février 2008 par Christelle Chabaud
Marseille . Très impliqués dans la grève du 1er février, les salariés de ce Carrefour continuent le mouvement. Déterminés à défendre leur pouvoir d’achat.

Irréductibles et fiers de l’être. Depuis une semaine, les salariés du Carrefour Grand Littoral, à Marseille, jouent les prolongations de la grève nationale du 1er février sur le pouvoir d’achat dans la grande distribution. « Le mouvement a été très fort partout en France, chez nous, il y a carrément eu 100 % de grévistes », raconte Smail Ait Atmane, délégué CFDT.

Bloquer toutes les livraisons

« Une assemblée générale a été improvisée et les salariés ont voté à l’unanimité la poursuite de l’action en recentrant sur des revendications propres à notre hypermarché. » En filigrane, comme partout, les questions de salaires et de conditions de travail. Alors, jour et nuit, les grévistes se relaient devant les braseros sur le parking. Objectif ? Bloquer toutes les livraisons. Pour pousser la direction à se mettre autour de la table.

Haut perché dans les quartiers Nord de Marseille, cet énorme centre commercial entre dans le top 5 européen. Sans compter les 214 boutiques de la galerie commerciale, Carrefour y emploie plus de 570 personnes. Or si l’hypermarché est souvent cité en exemple par le groupe - 12 millions de clients par an, un chiffre d’affaires de 360 millions d’euros, en progression depuis dix ans -, Grand Littoral est plutôt à la traîne au niveau social. Des tickets restaurant à 3,05 euros pour manger à midi et non de 5 euros comme il est de règle dans le groupe, une proportion de temps partiels au-dessus de la moyenne, des fermetures quotidiennes à 22 heures… « Cette année, la direction nous a fixé des objectifs de rentabilité très élevés, elle a engrangé plein de tunes, alors on demande aussi une prime de 250 euros », explique Émilie, trente-deux ans, qui « subit » un contrat de vingt-huit heures par semaine depuis huit ans. « Ma demande ne me semble pas grossière, il faut qu’ils arrêtent de nous prendre pour des loques. » Le problème, explique Jean-Paul Buisson, délégué CGT, c’est que « cet hypermarché est un ancien magasin Continent. Du coup, le statut du personnel y est encore moins favorable que dans les autres Carrefour car ils refusent de nous reconnaître l’ancienneté. En clair, moi j’ai dix ans de boîte mais je suis payé comme quelqu’un qu’on embaucherait aujourd’hui ». les rayons frais se vident

Fermée jusqu’à mercredi, la grande surface a officiellement rouvert hier. Or à l’intérieur, l’ambiance est plus que maussade : des cadres de Carrefour, venus de toute la région, tentent de faire tourner le lieu mais, avec le blocage des livraisons, les rayons frais se vident. Mardi, le juge des référés de Marseille avait rejeté la demande d’expulsion des grévistes sollicitée par Carrefour, il a jugé qu’il n’y avait pas de « faits d’entrave caractérisés ». En début de semaine, la direction aurait proposé de transformer tous les temps partiels en temps complets avant de se rétracter… Et de proposer une participation du CE pour des activités culturelles. Les grévistes ont revoté la grève. Au niveau national, l’intersyndicale CGT, CFDT, FO a appelé à une nouvelle journée de mobilisation, le 24 mars.

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