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Un article de Sylvestre HUET paru dans Libération le 2 septembre 2005

Un tour de France pour le devenir des déchets nucléaires

vendredi 2 septembre 2005 par Sylvestre Huet
Energie. Le débat public sur leur gestion démarre le 12 septembre à Bar-Le-Duc.

Un débat « indépendant et utile » sur les déchets radioactifs ? C’est du moins l’ambition que se fixe Georges Mercadal, président de la Commission particulière du débat public, qui en présentait hier le menu. Un menu consistant (lire ci-dessous), avec des journées de discussions publiques débutant le 12 septembre à Bar-le-Duc, pour finir à Lyon le 13 janvier 2006. Mais surtout une méthode clairement destinée à démontrer l’impartialité d’une commission [1]. dont la mission n’est en aucun cas de « conclure » ce débat de politique générale mais, affirme Mercadal, d’organiser « un tour de France des arguments », qu’ils soient « fondés sur la réflexion ou sur les sentiments ».

Démocratie. Ce n’est donc pas sans hésiter que la Commission nationale du débat public a accepté la demande gouvernementale d’organiser un tel exercice de démocratie participative. C’est « la fenêtre de tir », explique Mercadal, qui l’a convaincue de son intérêt. Elle se situe en effet juste après la remise des rapports sur les quinze années de recherches sur la gestion des déchets radioactifs prévues par la loi de décembre 1991. Et juste avant le débat parlementaire de 2006, qui doit en tirer les conséquences. Au bon moment, donc, pour influencer les décisions politiques. Mais la commission y a mis quelques conditions, outre un financement généreux (2,5 millions d’euros) permettant l’expression des opinions. Elle a en particulier décidé d’inclure dans les questions en discussion, en plus des axes techniques de recherche (entreposage de longue durée, transmutation et enfouissement géologique), les liens avec la politique énergétique (poursuite ou non du nucléaire comme du retraitement du combustible), le financement et les aspects sociopolitiques (partage des connaissances, qui décide quoi, avenir de la démocratie participative sur ce sujet).

Conditions minimales. Un pluralisme d’opinions et la participation des associations antinucléaires faisaient partie des conditions minimales à réunir par la commission. Son dossier d’information propose donc une décapante « analyse contradictoire » des documents officiels (CEA, Andra ­ l’agence chargée des déchets nucléaires ­ et des industriels) par un trio d’experts ­ Benjamin Dessus, Bernard Laponche et Yves Marignac ­ connus pour leur opinion critique à l’égard du nucléaire. Ainsi qu’un jeu de « cahiers d’acteurs », provenant d’associations écologistes ou scientifiques diversement représentatives (de Greenpeace aux écologistes pour le nucléaire). Enfin, tous les débats et documents seront disponibles, via un site Internet [2], et avec la gratuité des publications.

Devant cette impartialité affichée, les associations du réseau Sortir du nucléaire balancent encore et annoncent « réserver leur décision de participer ou non à ce débat public », dénonçant « les décisions déjà prises ». Et en organisant une manifestation nationale à Bure (Meuse), le site du laboratoire souterrain de recherche sur l’enfouissement des déchets, le 24 septembre

[1] Composée de Dominique Boulier (sociologue), Paula Ceccaldi (journaliste), Jean-Claude Darras (ex-magistrat), Robert Guillaumont et Jean-Paul Shapira (chimiste et physicien), Catherine Vourc’h (médiatrice)

[2] www.debatpublic-dechets-radioactifs.org/index.html

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