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Un article de Philippe Ricard paru dans Le Monde du 10 février 2006

Une confédération de syndicats européens "soutient" les travailleurs de l’Est

vendredi 10 février 2006 par Philippe Ricard

La Confédération européenne des syndicats (CES) s’est rangée au côté de la Commission, mercredi 8 janvier, pour demander la levée des restrictions à la libre circulation des travailleurs des nouveaux pays adhérents, mises en place pour une période transitoire de sept ans lors de l’élargissement de l’Union en 2004. Les anciens pays membres doivent décider d’ici au 1er mai de prolonger ou pas, pour trois ans, ces mesures, appliquées par douze d’entre eux. "Il y a de nombreux et excellents arguments pour mettre fin le plus rapidement possible aux mesures transitoires", a déclaré à Bruxelles John Monks, le secrétaire général de la CES, qui réunit les plus importants syndicats européens, dont la CGT et la CFDT françaises.

La Commission plaide, elle aussi, pour une ouverture des frontières aux citoyens de la "nouvelle Europe". Dans son rapport, présenté mercredi à Bruxelles, elle considère que "les flux de travailleurs des Etats membres d’Europe centrale et orientale vers l’UE 15 ont été moins importants que prévu et ont eu des effets essentiellement positifs" sur leurs économies. Les ressortissants des nouveaux membres représentent moins de 1 % de la population en âge de travailler chez les anciens membres, sauf en Autriche (1,4 % en 2005) et en Irlande (2 % en 2005).

"CONCURRENCE DÉLOYALE"

Le commissaire chargé des affaires sociales, Vladimir Spidla, a qualifié, mercredi, de "vision passéiste" le maintien des restrictions. "Les trois pays qui avaient choisi de ne pas fermer leurs frontières n’ont pas été submergés", a-t-il souligné, ni la Grande-Bretagne, qui a accueilli 290 000 personnes, ni l’Irlande, qui en a reçu 160 000. En Suède, il y en a eu moins de 10 000. "La croissance de ces trois Etats est forte, et le chômage est resté stable ou a même baissé", a souligné M. Spidla.

Pour la CES, les mesures transitoires ont un effet "contre-productif" : "Elles créent une situation de citoyenneté de seconde ou troisième classe pour les travailleurs des nouveaux Etats membres (...), stimulent la concurrence déloyale sur les salaires et les conditions de travail, l’augmentation du travail non déclaré et du faux travail indépendant, ce qui perturbe les marchés du travail locaux et sectoriels, et favorise l’exploitation et le traitement discriminatoire des travailleurs de ces pays." Le message est notamment destiné à la France, qui hésite à lever ses restrictions de peur de relancer les polémiques sur "le plombier polonais". D’après la Commission, Paris a accordé moins de 10 000 permis de travail, contre 500 000 pour l’Allemagne. "Avouez qu’il s’agit d’un chiffre marginal par rapport aux 25 millions d’actifs français", a lancé M. Spidla.

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