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Article de Nicolas Bastuck paru dans Le Monde du 5 aout 2006

Une entreprise australienne de fourniture de gaz va exploiter le grisou du bassin houiller lorrain

samedi 5 août 2006 par Nicolas Bastuck

Fournir du gaz au marché local à partir d’une plate-forme de forage installée dans le bassin houiller lorrain en y faisant jaillir le grisou - méthane qui se dégage de la houille dans les mines de charbon et qui est très explosif mêlé avec l’air -, tel est le pari d’EGL, filiale d’European Gas (ex-Kimberley Oil), une entreprise australienne.

EGL investira 5 millions d’euros dès cette année, 40 l’an prochain. Elle a déployé ses installations en début de semaine, à Folschviller (Moselle), dont le puits, fermé en 1979, avait produit plus de 20 millions de tonnes de houille, quand les mines lorraines tournaient encore à plein régime.

EGL, qui a obtenu un permis de la direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire), vise une zone encore inexploitée. Les réserves de méthane y sont estimées à 28 milliards de mètres cubes. La plate-forme s’étend sur plus de 5 000 mètres carrés et fonctionnera vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Charbonnages de France a apporté son concours en fournissant à EGL les données dont le groupe disposait sur le gisement.

"La première étape - six semaines - consistera à faire un forage de caractérisation (étudier la perméabilité, la porosité des sols et leur concentration en gaz) avec des carottages de 700 à 1 300 mètres de profondeur. Début 2007, le trou de recherche sera creusé grâce à une technique innovante, dite du "forage en parapluie" par sondage dirigé", précise Mathieu Sutter, ingénieur des mines, ancien chef des sièges de la Houve et de Creutzwald, consultant du chantier.

EGL n’est pas la première entreprise à tenter le "coup du grisou". Au début des années 1990, la compagnie américaine Enron, qui misait sur une réserve de 200 milliards de m3 de méthane, avait échoué, non loin d’ici, à Diebling.

"Les techniques n’étaient pas les mêmes. Leurs équipes n’avaient pas pris de précaution particulière et avaient creusé verticalement. Elles se sont cassé les dents sur des couches de charbon peu perméables mais très grisouteuses", observe un dirigeant d’EGL.

Si la firme australienne réussit, elle pourrait développer son activité sur d’autres bassins houillers français.

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