Liste des auteurs

Anne Roy | L’Humanité du 1er juin 2007

Une grève générale rappelle le gouvernement portugais à l’ordre

vendredi 1er juin 2007 par Anne Roy
Social . Précarité, éducation, santé et dénonciation des coupes sociales pratiquées par les autorités étaient au coeur du mouvement qui a largement touché le pays mercredi.

« Le gouvernement continue à jouer l’aveugle. » Guerre de chiffres au lendemain de la grève générale qui a paralysé le Portugal mercredi dernier. Mis en cause pour sa politique sociale, le gouvernement du premier ministre socialiste, José Socrates, élu à la majorité absolue en - février 2005, ne trouve aucune raison de faire cas d’une grève qui, d’après ses calculs n’aurait touché que 12,8 % de la population. « Manipulation ! » dénonce le camp adverse qui fête une mobilisation d’autant plus significative que la Confédération générale des travailleurs portugais (CGTP) a été la seule à appeler à la grève - sans l’Union générale du travail (UGT, proche du Parti socialiste).

Pour la CGTP, la grève a touché « 70 % de la population, soit directement, soit parce que les gens n’ont pas pu se rendre au travail faute de transports », estime Florival Lança, chargé des questions internationales au syndicat.

Alors, même si elle doute fort que la grève porte ses fruits dans un avenir proche, la CGTP se réjouit d’avoir rompu avec « l’immobilisme de la société ». En octobre et en mars derniers, deux imposantes manifestations avaient déjà donné un avant-goût d’une mobilisation qui entend rappeler à l’ordre un gouvernement obnubilé par les finances publiques et prêt à tout pour résorber un déficit qu’il a trouvé très élevé, au moment de son élection. Pour le ramener de 6 % à 3,9 % entre 2005 et 2006, les coupes sociales ont été impressionnantes.

Au premier chapitre des préoccupations : l’éducation, minée par les fermetures en - séries d’écoles primaires. En cause : le nombre d’élèves minimum requis pour maintenir une classe, passé à 11 dans le primaire. Faute d’atteindre ce seuil, de nombreux villages et petites villes envoient désormais leurs enfants jusqu’à quarante ou cinquante kilomètres de leur domicile. « Dans un pays où le taux d’analphabétisation et d’abandon scolaire est très élevé, l’éducation est un sujet de préoccupation et un vecteur de mobilisation important », souligne Florival Lança.

Autre sujet d’inquiétude : la multiplication des fermetures de centres locaux de santé et de maternités, et l’augmentation significative du coût des soins, « au regard des prix pratiqués jusqu’ici et du nombre d’actes qui ne sont plus pris en charge ». « Le gouvernement développe une - vision mercantiliste de la santé », regrette le syndicaliste qui rappelle que « six hôpitaux viennent d’être privatisés, au profit de groupes financiers et de compagnies d’assurances ». « Les services publics deviennent de plus en plus élitistes », regrette-t-il, soulignant un autre aspect des revendications : l’augmentation du coût de la vie et une précarité croissante qui touche en premier lieu les femmes. L’augmentation des contrats à courte durée, même auprès des fonctionnaires, se double du taux de chômage qui, avec 8,4 %, était à la fin 2006 le plus élevé qu’ait connu le Portugal - depuis vingt et un an.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !