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Un article de Pierre-Henri Lab paru dans l’Humanité du 10 mars 2005

Une politique au service du chômage

jeudi 10 mars 2005 par Pierre-Henri Lab
L’action du gouvernement contribue à l’explosion de la précarité et des bas salaires.

Pour la première fois depuis cinq ans, le taux de chômage franchit la barre symbolique des 10 %. Le chiffre est d’autant plus mauvais qu’à la progression du nombre de demandeurs d’emplois, s’ajoute, selon l’INSEE, une progression du chômage de longue durée (+ 5,6 % en un an), de celui des jeunes (+ 3,1 % en un an) et des femmes (+ 2,2 % en un an). Enfin, la précarité explose. 70 % des embauches actuelles se font ainsi sous contrat à durée déterminée. Ces mauvais chiffres et la tendance qu’ils suggèrent, suffisent à démontrer l’échec de la politique, en la matière, du gouvernement Raffarin. Ainsi l’exonération de charges sociales sur les bas salaires, loin de faire reculer le chômage, contribue au développement des bas salaires et tire l’ensemble des rémunérations vers le bas. Quant à la remise en cause des trente-cinq heures, en développant la flexibilité et l’annualisation du temps de travail, en facilitant le recours aux heures supplémentaires, elle contribue à l’ancrage et au développement du chômage de longue durée.

« Les entreprises hésitent à embaucher », a avancé, le ministre délégué aux Relations du travail, Gérard Larcher, le 28 février dernier, en guise d’explication à ces mauvais résultats. Pour lutter contre ces « hésitations », le gouvernement suggère de « lever les blocages » que sont, selon lui, les trente-cinq heures et le Code du travail. Il se garde bien d’évoquer les profits record enregistrés par les entreprises et publiés en ce début d’année. Ces résultats mirobolants ont été obtenus au détriment de l’emploi et des salaires considérés comme une simple « variable d’ajustement ». Ainsi pour maintenir leur taux de profit, les grands groupes ont imposé le gel des salaires et multiplié, par le biais de plan de restructuration, les suppressions d’emplois. Quant à leurs investissements, ils ont été pour l’essentiel spéculatif et nengendré aucune création d’emploi. Loin de décourager les pressions sur la masse salariale et l’emploi, la politique du gouvernement, que ce soit en matière de durée du temps de travail ou d’accompagnement des restructurations, risque donc de les accentuer et de contribuer à creuser un peu plus le fossé entre des entreprises qui enregistrent des résultats financiers qui croissent de manière quasi exponentielle et des salariés, de plus en plus nombreux, contraints aux bas salaires et à la précarité.

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