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Article de Charlotte Noblet paru dans L’Humanité du 18 octobre 2006

Une politique énergétique allemande sous influence

mercredi 18 octobre 2006 par Charlotte Noblet
Berlin . Les prix de l’énergie pourraient flamber davantage outre-Rhin. Le pays confirme sa sortie du nucléaire et conforte sa dépendance au gaz russe.

Le ministre allemand de l’Environnement Sigmar Gabriel (SPD) a donné au début du mois son feu vert à la mise en place d’ici à 2008 d’un champ d’éoliennes offshore en mer du Nord : « Le projet est un premier pas vers l’utilisation commerciale de l’énergie éolienne en mer », a-t-il déclaré. Quelques difficultés techniques telles que la corrosion des plates-formes et leur ralliement au réseau électrique de la terre ferme restent à surmonter, mais le ministre se veut optimiste et met l’accent sur son engagement en matière d’énergies renouvelables. Un marché, justifie-t-il, devrait s’ouvrir dans les prochaines années et, en investissant sur ce terrain maintenant, l’Allemagne aura toutes les chances d’exporter ses équipements plus tard, lorsqu’une forte demande mondiale s’imposera pour ce type d’énergies.

De son côté, la chancelière Angela Merkel (CDU) a confirmé la volonté du gouvernement de sortir du nucléaire lors d’un récent sommet gouvernemental sur l’énergie. Tout en ne faisant pas mystère de besoins croissants en énergie fossile du pays, en attendant une vraie montée en puissance des énergies renouvelables. D’où les pourparlers entamés avec le Kremlin, notamment lors du traditionnel sommet germano-russe de Dresde, forum instauré par Gerhard Schröder en 2001. Avec 40 milliards de mètres cubes par an, l’Allemagne est le premier consommateur de gaz russe et elle entend favoriser sa livraison directe à l’avenir, sans avoir à passer par la Pologne, en mettant en place un gazoduc en mer Baltique.

« Le gouvernement mise davantage sur les importations d’énergie que sur les énergies renouvelables », regrette le professeur Kekulé, directeur de l’institut de biologie micromoléculaire de Halle, qui ajoute : « Le marché de l’énergie allemand va ainsi rester dépendant de l’extérieur » et des « espoirs de profits » des quatre grandes sociétés privées qui se partagent le marché de l’énergie.

Et ce n’est pas l’équipe de foot de Gelsenkirchen qui pourra remettre du baume au coeur de citoyens inquiets de la déjà très sensible flambée des prix de l’énergie que leur facturent les quatre sociétés qui sont, chacune, en position de monopole sur la partie de territoire qu’elles contrôlent. Le FC Schalke 04 vient en

effet de signer un contrat de parrainage de quelque 100 millions d’euros avec Gazprom , premier producteur de gaz en Russie.

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