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LE MONDE le 16 janvier 2007 | Marc Roche

Une série de déboires poussent le patron de BP à un départ anticipé

mardi 16 janvier 2007 par Marc Roche
Entrepreneur fétiche de l’ère Blair, John Browne, directeur général du pétrolier britannique BP, est tombé de son piédestal.

Grâce au départ anticipé à la fin du mois de juin 2007, soit un an et demi avant la date prévue, de celui qui s’était installé au panthéon des plus grands industriels du Royaume-Uni, l’entreprise espère tourner la page sur l’enchaînement de ses déboires.

L’annonce, vendredi 12 janvier, de ce départ anticipé - conjuguée à la nomination d’un successeur, Tony Hayward, actuel directeur de l’exploration-production - est liée aux revers subis par BP depuis presque deux ans.

Un rapport indépendant sur les circonstances de l’explosion meurtrière en mars 2005 de la raffinerie texane de BP (15 morts et 170 blessés) - qui va être rendu public mardi 16 janvier - doit critiquer la politique de réduction de coûts, au détriment de la sécurité, ordonnée par M. Browne.

BP a également été contraint de fermer en juillet 2006 Prudhoe Bay, en Alaska, le plus gros champ pétrolier américain, à la suite d’une corrosion sur un oléoduc, survenue après une fuite, en mars, d’1 million de litres, toujours en Alaska, qui a valu à BP d’être assignée en justice.

"UN AUTOCRATE"

Le pétrolier a aussi dû faire face à des poursuites visant plusieurs de ses traders basés à New York accusés de tentative de manipulation du marché du gaz, et aux menaces du Kremlin sur sa coentreprise anglo-russe, TNK-BP.

Malgré les bénéfices record, la baisse du taux de remplacement des réserves de la compagnie et un portefeuille d’actifs jugés moins diversifiés que Shell ont déplu à la City.

Autre point noir, le différend entre M. Browne et le président de BP, Peter Sutherland, sur la date du départ du premier et l’absence de dauphin désigné a ébranlé la confiance des grands actionnaires. Enfin, l’annonce du départ, avant l’été, de Tony Blair a fragilisé celui qui avait une ligne directe avec l’hôte du 10 Downing Street.

Jusqu’à ces déboires, rien ne semblait résister à M. Browne qui s’était lancé, dès son arrivée aux commandes en 1995, dans une ambitieuse politique d’acquisitions à l’international. Le rachat d’enseignes comme Amoco, Arco, Burmah-Castrol, Arap ou la création de TNK-BP avait quintuplé la capitalisation boursière en l’espace d’une décennie.

Mais en même temps, le patron concentrait tout le pouvoir entre ses mains : bien qu’affable et attentionné, rien n’échappait à M. Browne, qui pouvait se montrer cassant et colérique.

"BP était devenu trop grand pour être dirigé par un autocrate, aussi intelligent et capable soit-il" : reste à voir si le nouvel homme fort, M. Hayward, présenté comme un homme d’équipe, fera sien ce jugement d’un analyste londonien sur le bilan de M. Browne.

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