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Entretien réalisé par Paule Masson publié dans L’Humanité du 3 mars 2006

« Vers des manifestations puissantes le 7 mars »

vendredi 3 mars 2006 par Paule Masson, Maryse Dumas
CPE . Les syndicats de salariés se mobilisent pour le 7 mars. Entretien avec Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT.

Comment se présente la mobilisation contre le contrat première embauche ?

Maryse Dumas. Nous allons, je crois, vers de puissantes manifestations le 7 mars. La CGT met tout en oeuvre pour la réussite des mobilisations. Depuis plusieurs jours des coopérations se nouent. Des étudiants viennent dans les entreprises. Des militants syndicaux interviennent dans les universités. Tout ce travail d’information et de mobilisation contribue à isoler le gouvernement sur la question du CPE comme le démontre le sondage publié dans l’Humanité hier.

Mais les salariés se sentent-ils vraiment concernés ?

Maryse Dumas. L’unité syndicale s’est réalisée autour du retrait du CPE. Objectivement, ce seul axe revendicatif pourrait être un frein à la mobilisation des salariés, qui ne se sentent pas forcément concernés. Nous devons mener le débat sur l’enjeu revendicatif. La CGT ne veut pas en rester à l’idée d’un mouvement de solidarité à l’égard des jeunes. Au contraire, arrimés à la revendication de retrait du CPE et du CNE, nous devons démontrer que ces contrats concernent l’ensemble du monde du travail. Ils concurrencent l’existant et les employeurs vont toujours choisir le moins-disant social. Et puis, si le CPE passe, Dominique de Villepin sera plus fort pour lancer la réforme globale du contrat de travail et du Code du travail en juin.

L’appel à la grève fait-il beaucoup discuter dans la CGT ?

Maryse Dumas. Certains posent la question. La demande est minoritaire. Toute notre expérience montre que les grèves réussies partent de la rencontre entre une attitude offensive de militants syndicaux et une décision démocratique des salariés. Il n’y a rien de pire qu’un mot d’ordre qui n’est pas suivi dans les faits. Un appel interprofessionnel à la grève figerait le débat sur les mots d’ordre et la forme de l’action plutôt que sur le nombre de salariés et le contenu revendicatif. Nous avons souhaité des appels unitaires. Mais nous avons du mal à les obtenir, y compris de la part d’organisations qui ont lancé un mot d’ordre de grève interprofessionnelle. La mobilisation se construit avec les salariés, y compris par des arrêts de travail quand ils le décident. Le 7 mars est une étape. Nous réfléchissons déjà à la suite. Les organisations devront se revoir.

Le premier ministre à déjà lancé la réforme globale du contrat de travail. Que pensez-vous du contrat unique ?

Maryse Dumas. La CGT s’est toujours opposée à la multiplication des contrats de travail. Le problème n’est pas tant l’idée de contrat unique que son contenu. Derrière ce projet, le patronat veut obtenir un rapport de gré à gré avec les salariés sans aucune référence collective. Il souhaite par exemple que les conditions de licenciement soient fixées dès la signature du contrat de travail pour éviter que les élus syndicaux puissent en contester les motifs ou avancer des propositions alternatives dans les réunions de comité d’entreprise. Nous, nous voulons un nouveau statut du travail, avec un contrat de travail qui développe des droits pour la personne en tant que salarié. Mais cela ne peut que s’appuyer sur un haut degré de garanties collectives. Le véritable affrontement va porter là-dessus.

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