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Un article de F. M. paru sur figaro.fr le 15 octobre 2005

Villepin relance la mise en Bourse d’EDF

samedi 15 octobre 2005 par Frédéric de Monicault
ÉNERGIE - Le dossier de la SNCM à peine bouclé, le premier ministre n’écarte plus une ouverture prochaine du capital de l’entreprise publique. Dans cette perspective, il insiste sur les missions de service public d’EDF.

IL NE FAIT PLUS aucun doute que le dossier de la SNCM a pesé dans les choix de Dominique de Villepin concernant la mise en bourse d’EDF. Moins de vingt-quatre heures à peine après le vote de la reprise du travail de la compagnie maritime, deux ministres ont clairement laissé entendre que l’introduction en Bourse d’EDF était envisageable rapidement.

Interrogé hier sur Europe 1 sur le calendrier, Dominique de Villepin a été très clair : « Je souhaite que cela puisse se faire le plus rapidement possible. » Cette prise de position tranche avec les propos qu’il tenait il y a une semaine en pleine crise de la SNCM. Le premier ministre avait alors refusé de s’engager, se limitant à dire que la question de cette mise sur le marché était sur la table et qu’il y répondrait le moment venu.

De son côté Thierry Breton est également revenu très vite sur le dossier EDF en réaffirmant dès hier que l’augmentation de capital se fera à l’automne. Dominique de Villepin a par ailleurs rappelé que le déclenchement de l’opération était encore assorti d’un certain nombre d’engagements d’EDF en matière de service public. Et d’indiquer dans la foulée que le contrat précisant ces engagements serait signé dans les « prochains jours ». D’ores et déjà, Matignon a fait part de ses exigences sur « la nécessité de satisfaire les obligations vis-à-vis de ceux qui sont les plus démunis, l’absence de coupure d’électricité pendant l’hiver, la sécurité d’approvisionnement, la modération des tarifs ».

La CGT toujours sur la brèche

En fait, une très large partie de ces engagements ont déjà été pris par EDF. La direction de l’entreprise publique attend depuis plusieurs semaines que ce contrat de service public soit ratifié par l’État. Autrement dit, en termes de contenu, il ne faut attendre aucune modification substantielle au cours des prochains jours. Mais sur un plan politique, Matignon espère que l’accent placé aussi visiblement sur les missions de services publics d’EDF sera de nature à freiner les ardeurs des opposants à l’ouverture du capital.

Du côté des syndicats opposés à la mise en Bourse, on ne perd pas espoir. « Il semble que Dominique de Villepin se pose de vraies questions, c’est-à-dire qu’il s’interroge sur la véritable justification de cette opération », souligne Frédéric Imbrecht, le secrétaire général de la Fédération CGT Mines-Énergie. Et de souligner, selon lui, un « revirement » dans la démarche de l’État : « Il y a quelques mois, la commission Roulet, chargée d’évaluer les besoins de financement d’EDF, avait invoqué le développement international comme objectif de l’ouverture du capital. Aujourd’hui, le discours du premier ministre se recentre totalement sur la France. »

En tout état de cause, forte de la mobilisation provoquée autour la SNCM, la CGT n’entend pas relâcher la pression sur le dossier EDF. Le 25 octobre prochain, 100 000 signatures contre l’ouverture du capital seront transmises à Matignon et aux préfets, a déjà prévenu la Fédération Mines-Énergie. L’objectif est en fait d’atteindre 500 000.

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