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Marie de Vergès | Le Monde le 17.11.2007

Volkswagen : le procès des dérives d’un modèle social

samedi 17 novembre 2007 par Marie de Vergès

Un nouveau chapitre s’ouvre dans l’affaire de corruption chez Volkswagen (VW) avec l’ouverture, jeudi 15 novembre, d’un troisième procès. Klaus Volkert, ex-président du comité d’entreprise (CE) du constructeur et autrefois homme fort du syndicat IG Metall, ainsi que Klaus-Joachim Gebauer, ex-responsable du personnel, doivent répondre d’abus de confiance et d’escroquerie devant le tribunal de Brunswick en Basse-Saxe.

Le scandale mêlant pots-de-vin, sexe et favoritisme, avait éclaté en juin 2005, révélant un vaste système de corruption organisée. Deux ans et demi plus tard, ce procès impliquant deux figures clés de l’affaire devrait relancer le débat sur les dérives du fameux modèle social de Volkswagen.

Pour la première fois, Ferdinand Piëch, président du conseil de surveillance de VW et ex-patron du groupe, devra témoigner devant la justice. Il a jusqu’à présent nié toute implication dans cette affaire qui lui a coûté son illustre directeur des ressources humaines, Peter Hartz, condamné en janvier à deux ans de prison avec sursis et 576 000 euros d’amende.

VOYAGES ET PROSTITUÉES

Le proche de l’ex-chancelier Gerhard Schröder (SPD) avait avoué lors de son procès avoir versé à M. Volkert, entre 1995 et 2005, près de 2 millions d’euros de primes spéciales. M. Gebauer, chargé par M. Hartz des relations avec le CE, a lui aussi reconnu avoir participé au paiement de pots-de-vin destinés à financer soirées, prostituées et voyages pour les représentants du personnel ou le train de vie de la maîtresse brésilienne de M. Volkert. M. Hartz explique avoir voulu s’assurer la paix sociale et le soutien du puissant CE. Un soutien qui aura coûté quelque 2,7 millions d’euros au groupe.

Volkswagen accorde traditionnellement une importance très forte à ses représentants syndicaux. Avant qu’il ne démissionne, en 2005, M. Volkert était considéré comme le président de CE le plus puissant outre-Rhin. Les "primes spéciales" qu’il percevait étaient d’ailleurs normalement réservées aux membres du directoire. "Volkert se présentait comme un "codirigeant" qui prenait en considération aussi bien l’intérêt du personnel que celui de l’entreprise", note le quotidien Handelsblatt.

Ses déboires apportent une mauvaise publicité à IG Metall au moment où le syndicat tente de se ménager une place dans le holding que veut mettre en place Porsche. Le fabricant de voitures de sport, qui possède 31 % de VW, a déposé mardi une demande d’enregistrement en société européenne. S’il prend, comme attendu, le contrôle de son compatriote, VW sera intégré dans le holding. Et rien n’empêchera alors Porsche de démanteler le modèle de cogestion de sa filiale.

Les démêlés judiciaires de M. Volkert ont déjà affaibli ses successeurs, pourtant étrangers à l’affaire. Lui-même risque jusqu’à dix ans de prison, son coaccusé cinq ans. Le tribunal doit rendre son jugement le 24 janvier.

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