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Christelle Chabaud | L’Humanité du 19,11,2007

chez FedEX « Chaque jour, on bosse une heure et demie gratis »

mardi 20 novembre 2007 par Christelle Chabaud
messageries . Depuis jeudi, plus de 800 employés de Fedex sonnent la révolte. Objectifs ? Être plus payés et dormir plus.

Fatigue, stress et bas salaires… Un triptyque qui pousse à bout les 1 600 salariés de Fedex, à l’aéroport Charles-de-Gaulle de Roissy. Depuis jeudi dernier, près de la moitié d’entre eux ont spontanément décidé de débrayer avant de recevoir le soutien des syndicats CGT, FO et UNSA. Hier soir à partir de 17 heures, les employés de cette entreprise de transport de fret (qui ne travaillent que de nuit) ont donc une nouvelle fois refusé de trier les colis entre deux avions afin de mieux appuyer leurs revendications. Au coeur de leurs demandes, les salaires, bien sûr. Chez Fedex, heureux s’estime celui qui a un contrat de 35 heures, car la plupart sont officiellement embauchés pour 25 ou 30 heures hebdomadaires. Des temps partiels contraints qui se reportent automatiquement sur les feuilles de paie : malgré le travail nocturne, beaucoup de salariés n’atteignent que 700 euros par mois. « Pour réduire encore les salaires, la direction pratique le système de la double fenêtre », explique Anthony Renaud, délégué syndical UNSA. En clair, à ceux qui, par exemple, ont le service de 17 h 45 à 23 h 15, une « coupure » non rémunérée est imposée de 21 h 45 à 23 h 15. « Nous devons donc patienter sur le lieu de travail sans être payés mais parfois, pourvu qu’un avion arrive avec du retard, la direction nous oblige à continuer le boulot pendant cette pause et ce toujours sans être payé ! » poursuit le syndicaliste qui alerte aussi sur la fatigue ainsi accumulée. « Je suis chez Fedex depuis 2001, chaque année au moins un employé se tue au volant en rentrant crevé du boulot. Moi, ça m’est déjà arrivé de m’endormir à un feu rouge et de me faire réveiller par la gendarmerie. »

Concrètement, les 800 grévistes veulent « au mini- mum » une prime de 500 euros en raison de la traditionnelle augmentation d’activité entre le 15 octobre et la fin janvier. « À chaque fois en fin d’année, on nous demande de bosser plus vite, témoigne un salarié sous couvert d’anonymat. Chaque jour on voit des avions additionnels arriver, des tris supplémentaires à faire, mais on a jamais un seul mot d’encouragement de la direction. Ce n’est plus possible ! » Pour l’instant, malgré une lettre d’audience envoyée par l’UNSA qui se dit prête à négocier, la direction de la multinationale américaine est restée portes closes.

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